ET TOUT ÇA POUR ÇA ?

Publié le 11 Avril 2012

 

 

 

 

BonimenteurSi le ridicule tuait, ils seraient tous morts les candidats.

Ridicules toutes ces promesses débitées au dernier moment et lesquelles ne seront  pas tenues parce qu’impossibles à tenir. Cela relève de l’intoxication, du mensonge avéré, de la publicité de bas étage.

On jongle avec les milliards à distribuer en se gardant bien de dire où on va les trouver. On distribue de l’emploi mais on oublie de parler de travail, d’activité.

On réforme ce qui n’a pas besoin de transformation en passant sous silence tout ce qui serait nécessaire de modifier en profondeur. Peur d’effrayer ou incapacité notoire à élaborer le moindre projet sérieux ? Les deux.

Oubliés la crise, la mondialisation, la dette, l’abîme de la Sécurité Sociale, les emprunts pour payer les fonctionnaires. Si, dans un sursaut de lucidité, un candidat ose s’avancer sur l’un de ces thèmes, aussitôt les sondages le sanctionnent.

Ne pas parler de ce qui est important, primordial, urgent, voilà la ligne à suivre. Noyer l’électeur sous un flot de paroles, contredire aujourd’hui ce que l’on a dit hier, sans vergogne, critiquer l’un tout en reprenant à son propre compte ses propos, passer la main dans le dos de l’autre, de celui qui « a des chances » en escomptant une petite place dans un futur gouvernement, voilà la bonne démarche.

Et les citoyens dans tout cela ? Abrutis depuis plus de six mois par les médias auront-ils la faculté de discerner le vrai du faux ? Pas certain. Les sondages vont influencer leur vote sans doute lors du premier tour. Mais pour le second tour, lorsqu’un tel appellera à voter pour l’un des deux candidats restant en lice, se souviendront-ils des invectives qu’il aura lancées contre lui ? Non. Parce qu’entre temps on leur aura parlé du « front républicain » qui finalement consiste à ne rien démolir, à revenir à ce qui était, à bannir les extrêmes et à continuer comme avant. Après toi, à moi pour cinq ans. Pas de vague. Nous sommes entre gens de bonne compagnie

Vous avez dit réforme, et bien il va falloir s’y atteler sérieusement parce que le réveil va être brutal. Le moment sera arrivé  de parler enfin  des choses sérieuses, celles pour lesquelles les problèmes n’ont pas disparu et qui se seront probablement amplifiés durant la campagne. Pour mémoire : la dette, l’emploi, le pouvoir d’achat, l’immigration, la sécurité, le logement, l’enseignement, la santé.

Bon courage Monsieur le nouveau Président ! Et surtout ne comptez pas trop sur les riches pour vous en sortir. Ils seront ailleurs, eux et leurs sous ! Heureusement il vous reste le bon peuple, celui qui reste sur place, celui auquel on demande des efforts (encore), celui qui va payer…cher ! Comme payent déjà les Grecs, les Italiens et les Espagnols. Vous allez devoir, Monsieur le Président, convaincre les Français et cela ne sera pas chose aisée après toutes vos promesses. Bel exercice de rhétorique et grand écart en perspective. Vous en avez pris l’habitude…dans la campagne. Mais il est vrai que vous aurez votre équipe, ceux qui vous auront aidé à bonimenter, ceux qui espèrent bien bénéficier de votre gratitude eu égard aux services rendus. Jadis on les surnommait les « godillots ».

 

Portefeuille

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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