ETRE UN MINISTRE RESPONSABLE

Publié le 15 Mai 2007

ETRE UN MINISTRE RESPONSABLE

Le peuple a choisi un homme pour occuper la fonction suprême. Il n’a pas choisi les hommes et les femmes que le nouveau Président va pressentir pour occuper les fonctions gouvernementales. Ce choix relève du Président sur proposition du Premier Ministre. Mais dans le contexte, le Président Nicolas va choisir et nommer. C’est qui le patron ?
 J’ai un mauvais pressentiment et, à vrai dire, une crainte ; celle de voir revenir aux diverses commandes de l’Etat les mêmes têtes que celles qui y sont déjà ou qui y ont déjà été. On tourne en rond, on reprend les mêmes et on recommence (refrain connu…).
Pour être ministre ou secrétaire d’état il n’est pas nécessaire d’être un élu du peuple. Pourquoi le nouveau Président, ne choisirait-il pas des personnalités de premier plan ayant fait leurs preuves dans le civil public ou privé? Des personnalités ayant prouvé leurs compétences en étant confrontées aux vrais problèmes sociaux, aux problèmes de l’éducation et de la recherche, aux problèmes de la production et de la croissance.En bref, des personnalités efficaces capables d’imposer leur méthode de gestion aux directeurs de cabinets et conseillers divers qui, soyons-en conscients, nous gouvernent parce que les Ministres et Secrétaires d’Etat sont nommés plus par « politique » que pour leur savoir-faire.
 Au lieu de cela, des noms de personnes circulent déjà, et, en plus, pour des ministères différents de ceux qu’elles occupent aujourd’hui. Ou bien ces personnes sont très fortes, pour ne pas dire « omniscientes », ou bien leur nomination future n’est qu’un jeu de « chaises musicales » en remerciement du dévouement apporté au nouvel élu durant sa campagne.
 A ceci près, que le Président Nicolas va tenter de circonvenir des « personnalités » d’un autre bord afin de déstabiliser « la gauche », et là encore, peu importe leurs compétences.
Le nouveau Président a bien parlé de mettre les Ministres devant leurs responsabilités et « d’évaluer régulièrement leur travail ». L’intention est louable, mais il faut aller plus loin et parler de sanctions. Et oui ! de sanctions en cas d’échec, pas seulement pour les Ministres et autres Secrétaires d’Etat, mais aussi pour leurs états-majors. Cela se passe ainsi dans les entreprises (je pense aux entreprises « privées », pour les entreprises « publiques » c’est autre chose, hélas !). L’échec par incompétence, dans les fonctions gouvernementales, est intolérable eu égard aux conséquences mais aussi par rapport aux émoluments perçus par les responsables.
Quand verrons-nous un « ministrable » refuser un portefeuille au motif qu’il se sentirait ne pas être à la hauteur ? Probablement jamais. Comme à l’habitude, le pressenti (ou la pressentie) acceptera et se reposera sur son « cabinet », ses collaborateurs et conseillers. Si il (ou elle) est compétent il pourra proposer des voies à suivre ou redresser celles qui ne sont pas droites, à condition de s’imposer à ses subordonnés, comme dans une entreprise. Et c’est là le hic ! Les ministères sont des chapelles dans lesquelles le futur ministre aura beaucoup de peine à pénétrer. Il choisira bien un nouveau Directeur de Cabinet (au fait, que fera-t-on du précédent ?) quelques conseillers nouveaux, et ensuite ? La sagesse : pas trop de vagues, être en phase avec le Premier Ministre, plaire au Président lors des réunions du Conseil et parader à la sortie dudit Conseil devant les journalistes, quelques inaugurations, des discours encore et encore. Où est la responsabilité ? Diffuse, tellement diffuse qu’elle disparaît. Pas de responsabilité donc pas de sanction. Un bon « job » n’est ce pas ?

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

Publié dans #www.louis

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Josy 31/07/2007 11:24

Si c'est ainsi qu'on nous gouverne, doit-on en rire ou en pleurer?