CONTESTATION

Publié le 19 Février 2009

  Un ami de retour des Etats-Unis où il a vécu l’élection de Barack Obama me dit que ce grand pays, touché de plein fouet par la crise, va s’en sortir, et ce, avant les autres nations parce que tous les citoyens vont « tirer » dans le même sens.
  Hébergé quelques mois dans une famille d’américains « moyens », soutenant avec force le Parti Républicain, ayant fait campagne pour Mc Cain, combattu avec force d’abord Hillary Clinton, puis Barack Obama, mon ami a vu cette famille ressentir l’élection de ce dernier comme un coup dur. Mais devant les énormes problèmes engendrés par la crise, elle s’est très vite ressaisie. Puisque le peuple a choisi, le nouveau Président est maintenant « leur » Président. Son administration est l’équipe des Etats-Unis. Ils approuveront les décisions prises et le cas échéant, ils aideront à leur réalisation puisqu’ils sont « citoyens des Etats-Unis », et, feront confiance à la vigilance des élus des deux chambres, c’est à dire au Congrès pour arbitrer.
  Bien loin d’approuver dans son entier le fameux « way of life » des USA, je pense que cet engagement de citoyenneté a valeur d’exemple et que les Européens et, plus particulièrement nous les Français, serions bien inspirés de le suivre.
 Nous usons nos forces dans une contestation permanente. Nous nous flattons d’être une démocratie exemplaire, mais il suffit qu’un vote amène au pouvoir un candidat qui n’est pas le nôtre pour qu’aussitôt se réveille notre esprit contestataire. Toute décision prise par le nouvel élu sera systématiquement considérée comme mal adaptée, mauvaise, dangereuse. Toute tentative de réforme sera condamnée très souvent sans avoir lu, dans leur entier, les textes. Le Gouvernement (le nôtre !!!) ou le Président n’obtempèrent pas aux éclats de voix des Députés de l’opposition, qu’à cela ne tienne, les « forces syndicales » font descendre dans la rue les troupes toujours prêtes(celles qui ne risquent pas de perdre leurs emplois, bien entendu). 
  Forts de ces démonstrations, les dirigeants des partis d’opposition enfoncent le clou affirmant sans vergogne que, s’ils dirigeaient la Nation, tout irait pour le mieux. Plus grave encore, les partis extrémistes lesquels au nom d’une basse démagogie, essayent de déstabiliser, tout simplement, la République laïque en prônant des cassures brutales et d’un autre âge dans notre société.
  La contestation est permanente et, telle une bascule, elle vient de gauche quand les citoyens portent la droite au pouvoir et, de droite quand la majorité est à gauche. Cette alternance, qui pourrait être profitable à la démocratie, est battue en brèche par des politiciens à courte vue agissant dans le seul but d’occuper des fonctions privilégiées ou de récupérer celles qu’ils ont perdues par n’importe quel moyen y compris la duperie envers les électeurs. Or, dans des périodes cruciales comme celles que nous vivons actuellement, la contestation « tout azimut » est dangereuse et peut conduire l’exécutif à ne plus rien faire ce qui serait le pire.
 Que d’énergie dépensée en pure perte, quel gaspillage de temps et d’argent alors que notre Constitution et nos lois républicaines sont là pour permettre une gouvernance équilibrée à condition de laisser les responsables agir.
 Angélisme ? Non. Réalisme dans une période particulièrement hostile, certainement.

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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