Publié le 14 Mars 2015

BLOUSES GRISES

Je ne suis plus un jeune père ni même un jeune grand-père. J’ai des enfants plus très jeunes ; je ne me souviens pas d’avoir eu à subir les désagréments qui agressent les familles actuelles quant à l’éducation scolaire de leurs enfants.

Nous en sommes arrivés à un point tel qu’il me semble utile de jouer les anciens combattants en me remémorant mes souvenirs.

On entrait à l’école primaire à 6 ans.

A 10 ou 11 ans certains étaient dirigés vers le collège, ou le cours complémentaire, d’autre prolongeaient le cycle primaire pour obtenir vers 14 ans le Certificat d’Etudes Primaires. Les maîtres étaient souvent à l’origine de « la sélection ». Leur jugement n’était cependant pas définitif. Si des parents estimaient que leur rejeton méritait de faire des études secondaires ils s’adressaient au Directeur d’Ecole, personnage tout puissant, pour en décider. A cette lointaine époque, entrer dans la vie active pour exercer un métier manuel n’avait rien de dévalorisant. Cependant, pour rester objectif, il faut dire que les familles « aisées » faisaient en sorte que leurs enfants poursuivent leur scolarité dans le secondaire.

J’ai retrouvé et parcouru mes « archives personnelles », mes cahiers de classe de l’école primaire (laïque), les cahiers de notes avec le fameux classement : 3ème sur 42, 10ème sur 40…les punitions subies : 50 lignes, 100 lignes, conjuguer « je ne dois pas parler » à l’imparfait et le copier 10 fois. La hantise : 5 fautes dans la dictée et c’était le zéro, la honte. Et encore, un petit paquet d’images : des « bons points », 10 « bons points » et on obtenait une grande image. Heureux !

Vous avez compris, c’était il y a bien longtemps. Nous étions tous en blouse grise et on faisait en sorte de ne pas la déchirer car s’en procurer une autre posait un sacré problème. Il fallait des « tickets » en plus des sous. La France était sous le joug de nos cousins « germains ».

Pour compléter ce cliché, il faut y ajouter ce qui nous était enseigné. La lecture, l’orthographe, la grammaire, le calcul, la géographie (les départements, les colonies…), l’histoire en couleur, très tricolore malgré l’occupant, la morale.

A 11 ou 12 ans, tous, nous savions lire écrire et compter. Tous, nous avions acquis le socle, la base pour continuer dans le secondaire et, pour d’autres, se débrouiller parfaitement dans l’apprentissage de la vie active.

Que se passe-t-il aujourd’hui ? Depuis plusieurs décades et maintes successions de Ministres de l’Education Nationale, c’est une désolation grandissante. Les élèves ne savent plus rien et on apprend, ces jours- ci, qu’ils s’ennuient à l’école. Un comble !!! En conséquence on va modifier, une fois encore, les programmes. On va triturer les emplois du temps, les horaires. Dans la foulée on va obliger les gamins à ingurgiter une seconde langue étrangère. Du grand n’importe quoi, de l’improvisation. Mais quoi faire d’autres quand on nous dit que dans une classe il n’est pas rare de rencontrer des enfants de 15 nationalités, que la moitié des élèves ne comprennent pas notre langue ? Cela est un tout autre problème à régler, même s’il demeure probablement l’une des causes majeures de l’échec de l’école primaire , échec qui se prolonge au collège et au lycée.

Une idée :Si en dépit, ou en plus, de la tablette et de la console, on en revenait aux fondamentaux ? Et si les parents jouaient pour une fois leur vrai rôle de responsables sans laisser tout le fardeau aux enseignants ? L’ordinateur quand on a appris la leçon et la console quand on a terminé le devoir, c’est à la maison que cela se décrète, avec ou sans fessée. Il faut savoir ce qu’on veut pour ses enfants.

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Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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