REMORDS

Publié le 27 Octobre 2016

C’est grave ! C’est un crime que j’ai eu l’audace de commanditer. J’ai payé pour l’exécution d’un contrat et il a été mené à bien.

Des frelons asiatiques étaient venus nicher sous l’avancée de mon toit, juste au-dessus de la porte d’entrée. Le nid était au départ peu visible et ce sont les vols des bestioles qui m’ont alerté et fait découvrir le gîte. J’ai pris contact avec des tueurs spécialisés, patentés, signé un devis de destruction et le contrat a été honoré. J’ai payé comme il se devait.

Ainsi donc j’ai fait détruire des animaux vivants qui s’inscrivaient dans la biodiversité quand bien même le frelon asiatique ne figure pas dans la nomenclature des « espèces protégées ». Malgré cela je crains de m’attirer les foudres des écologistes, les vrais, pas les politiques qui eux n’en ont rien à faire. Evidemment, les bestioles que j’ai fait occire n’ont rien à voir avec les autres « vivants » qui peuplent les ZAD de Sivens ou de Notre-Dame-des-Landes, mais c’étaient des êtres vivants et sur le fond j’ai enfreint les lois naturelles qui nous apprennent que tout être vivant a été mis sur terre pour vivre. Il en va donc de même pour les abeilles (un régal pour les frelons asiatiques), les rats, les vipères, les corbeaux, les vaches, les loups dans les Alpes, les ours dans les Pyrénées, et … les hommes !

Je me sens d’autant plus coupable que dans un  rapport le WWF met en lumière une dramatique accélération de "la régression de la vie" sur Terre (OBS 27.10.2016), que l’homme « détériore le capital naturel de la planète ». Je n’ai pas attendu le dérèglement climatique pour faire tuer. A moins que ce soit ce même dérèglement qui ait amené ces bestioles sous mon toit auquel cas je ne serais pas le seul coupable. Je me défausse lamentablement.

En réfléchissant plus encore, n’étais-je pas en état de légitime défense ? Certes une piqûre de frelon n’est pas forcement mortelle, une fois sur cent peut-être, mais une fois suffit lorsqu’on risque le fameux choc anaphylactique et je sais que c’est mon cas. Alors je me suis défendu par anticipation. J’ai une excuse !

 

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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