REPETITIONS

Publié le 8 Juin 2016

Ayant atteint un âge respectable à défaut d’être respecté, c’est une autre histoire, je m’aperçois que la vie ordinaire n’est qu’une succession d’évènements qui se répètent à intervalles plus ou moins réguliers. Le privilège de l’âge c’est peut-être d’avoir déjà vécu des évènements semblables et de se souvenir de leurs conséquences.

En ce premier semestre qui s’achève les faits se chevauchent à en donner le tournis. Aux situations extrêmes comme le sont les inondations se mêlent des grèves dont certaines semblent incompréhensibles comme celles, à répétition, des employés de la SNCF. Que veulent exactement ces gens là ? C’est simple à première vue, plus d’argent et moins de travail. Si c’est vraiment cela, alors il n’y a rien de nouveau. Je l’aurai toujours vu (et subi) et bien compris.

Les autres grévistes, ils veulent quoi ? L’effacement d’une loi réformatrice qui remettrait en cause les « droits des travailleurs ». Ont-ils bien lu ladite loi ? Pas certain. Mais d’autres l’ont lue pour eux et on peut leur faire confiance. S’ils disent qu’il faut renverser la table, alors, allons-y ! Et les patrons, que disent-ils ? Je pensais qu’ils allaient réagir en force, en fermant les entreprises par exemple, en menaçant de délocaliser de plus bel. Non, c’est le silence habituel. Après tout, ils ont peut-être raison, les patrons. Ils peuvent attendre et, à la longue, la fatigue et l’irritation de la gorge des braillards vont ramener ces derniers à l’établi. Question de temps, c’est la routine et je l’ai vécue bien des fois. Tout va s’arranger et rentrer dans l’ordre pour profiter des vacances. Après la grève, la trêve. On reprendra cela en septembre après un repos bien mérité.

La compétition européenne de ballon rond débute à la fin de la semaine. Les organisateurs et les forces de l’ordre sont dans l’angoisse et il y a de quoi. En plus des menaces de persistance des grèves il y a le danger latent du terrorisme. Je parle du vrai, celui qui a touché gravement le pays l’an dernier. Parce qu’en supplément il y a les « manifs », terrorisme indigène, ces évènements reproductibles où on voit les pauvres casseurs être les victimes de sauvages en uniforme. La haine du flic c’est du déjà vu. Le fait nouveau est que nos autorités semblent être plus attachées à la santé des contrevenants qu’à celle des sergents de ville et autres gendarmes. Cela je ne le comprends pas. Question d’âge sans doute. C’est vrai que l’âge me joue des tours. Ainsi, je n’arrive pas à saisir ce qui amène des gens à se réunir sur une place et passer la « Nuit Debout » en jacassant avec des envolées grandiloquentes empreintes d’une philosophie à quatre sous et pour en arriver où ? Il y a quelque chose qui m’échappe et à en juger par les éditoriaux des commentateurs « avertis », la finalité de ces assemblées nocturnes s’estompe dans le flou.

Enfin et pour clore n’oublions pas dans ce tourbillon d’agitations le branle-bas de nos politiciens en vue de l’évènement majeur du printemps prochain, les élections. Écoutez-les, regardez les bien. Ce sont des chasseurs à l’affût. Chasseurs de voix, les vôtres. Bonimenteurs de foire pour conserver leurs privilèges et en acquérir de nouveaux si cela était encore possible. Tout n’est que la répétition d’un spectacle déjà vu ; à en devenir lassant.

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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