ARTICLE 2

Publié le 8 Juin 2016

Essayons d’y voir plus clair.

Le fameux Article 2 de la loi Travail est la source de tous les ennuis que nous subissons, de cette dégradation dont le pays n’avait vraiment pas besoin.

Objectivement, en lisant bien le texte, il est indéniable que cet article favorise le patronat au détriment du salarié en prévoyant des aménagements tant dans la durée du temps de travail et les congés que dans la rémunération des heures supplémentaires entre autres. Toutes choses qui jusqu’à maintenant sont encadrées par les accords de branche et qui seraient subordonnées par des « accords d’entreprise » avec la nouvelle loi. La hiérarchie des normes est donc bien inversée. Seule la Loi qui régit le Code du Travail serait au-dessus des accords d’entreprise.

Il n’est pas nécessaire d’aller plus avant en décortiquant le reste. L’épicentre du cataclysme c’est bien le contenu de cet Article 2 et le passage en force (49/3) à l’Assemblée n’a rien arrangé.

Dans ce bouleversement, car cela en est un, les syndicats très à gauche ont parfaitement vu que leur influence, néfaste ou pas, allait être considérablement amoindrie. Evidemment, ils n’expriment pas leur crainte de cette manière. Ils disent que les nouvelles dispositions fragilisent les salariés et aboutissent à du chantage à l'emploi. A l’inverse, le patronat prétend que cette disposition permettra de créer plus de souplesse en encourageant le dialogue social dans une entreprise et, en lui permettant de mieux s'adapter à son environnement, d’embaucher. Chacun y va à coup de déclarations encore que celles du patronat sont nettement plus discrètes et on comprend pourquoi.

Pourquoi ? Parce que la nouvelle loi Travail ,soutenue par le MEDEF et autres organisations patronales, grâce « à la souplesse » permettra aux chefs d’entreprises d’être plus maitres chez eux en évinçant les syndicats néfastes, en dialoguant directement avec leurs salariés avec la complicité de syndicats plus complaisants, moins ultra, plus sages ; mais cela ne se dit pas, pas encore ! Quant à créer des emplois…On verra plus tard !

Nos gouvernants sont bien embarrassés. Ils ont cru bien faire en promulguant la loi Travail. Notre piètre économie demande une réforme profonde certes, mais certainement pas dans la précipitation ni sous la pression d’un MEDEF aussi prompt à se déclarer pourvoyeur d’emplois qu’à se désengager si quelques articles de la nouvelle loi ne lui convenaient pas.

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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