LA FOIRE

Publié le 16 Octobre 2014

LA FOIRE
On assiste au grand déballage.
En cette mi-octobre les propositions fusent et nos ministres-bonimenteurs étalent leurs idées pour nous concocter un avenir meilleur. On note au passage que toutes ces « bonnes idées » vont dans le même sens : Faire des économies. Depuis pas mal de temps nous savions que l’Etat vivait au-dessus de ses moyens. Pour compenser (et non pas réduire) les dépenses excessives le moyen le plus simple envisagé et réalisé a été l’augmentation des impôts de toute nature, TVA comprise.
Cela n’a pas été suffisant et de beaucoup.
Alors on en revient à l’idée de faire des économies, de réformer, et, la tâche s’avère ardue. Par un jeu subtil de langage on mélange économies et augmentation du pouvoir d’achat, afin d’adoucir la situation et surtout de ne pas employer le mot qui effraie : RIGUEUR.
Par médias interposés, nos distingués dirigeants déballent leurs solutions, pêle-mêle :
-On va réaliser des économies d’énergie …et les factures d’électricité vont baisser grâce à l’énergie verte !
-On va libéraliser le transport en autobus en permettant la création de nouvelles lignes.
-Notre défense nationale va être amputée de quelques régiments et de quelques bateaux (attention, danger !)
-Les magasins vont pouvoir ouvrir le dimanche.
-Les prix des médicaments, ceux des actes notariés et ceux des exploits d’huissiers vont chuter grâce à la libéralisation de ces professions protégées. Demain…
-Les concessionnaires des autoroutes vont devoir réduire le coût des péages et on leur suggère d’instaurer des jours de gratuité.
-etc…
Entre deux, et sans trop insister, on glisse la réforme de l’assurance chômage et celle du code du travail, la réduction des allocations familiales, la chasse au gaspillage et au gâchis dans la gestion des collectivités territoriales. Ils ont raison nos gouvernants de ne pas trop insister sur ces dernières réformes qui fâchent, bien entendu, parce qu’impopulaires autant que le sont les retraites et la gestion de l’assurance maladie. Et pourtant, il va bien falloir s’y atteler à revoir tout cela, et vite.
On ne nous parle pas de réduire les coûts de la haute fonction publique de l’Etat, de diminuer les doublons dans les ministères et dans les administrations. On entend des envolées grandiloquentes sur la nécessité de réformer les régions, les départements et les communes, mais jamais on nous parle du devenir de tous les emplois induits par ces multicouches administratives. Et n’oublions pas, pour mémoire, les coûts des deux assemblées, surpeuplées, de notre pouvoir législatif.
En cette période d’examen du budget, tout est mis en œuvre pour obscurcir la vision des citoyens et pour permettre aux dirigeants en place de se maintenir la tête hors de l’eau avant de se noyer dans le raz-de-marée qu’ils ont eux-mêmes préparé.

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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