SECU EN PERIL

Publié le 30 Septembre 2014

SECU EN PERIL

Pauvre Sécu. Son déficit s’accroit et le (la) Ministre des Affaires Sociales doit prendre des mesures pour essayer de renflouer le régime si cela est encore possible. On nous annonce un déficit de 12 Mds d’euro auquel s’ajoutent 3 Mds d’euro venant du déficit du Fond de Solidarité Vieillesse.

Pas de croissance et chômage persistant, frilosité des patrons pour investir, donc cotisations sociales sur une pente baissière constante. A défaut de trouver les sources de financement prévues à l’origine du système il faut se résoudre à « raboter » les dépenses, les remboursements, faire des économies. L’Etat peut recourir à l’impôt ce qu’il fait déjà et aussi s’endetter un peu plus. Nous en sommes à 2000 Mds. d’euro, alors un peu plus…nos enfants paieront !

A partir de ces constatations bien connues les remèdes pleuvent, toujours les mêmes à chaque annonce du déficit : Baisse du prix des médicaments, limitation des prescriptions, réduction du temps des séjours à l’hôpital, lutte contre les abus et la fraude, avec un plus : rogner 1 Md. d’euro sur la branche famille.

Les abus et la fraude sont selon moi les deux principales raisons du déficit récurrent de notre système de santé. Les abus sont trop souvent la résultante d’une complicité bienveillante entre les praticiens et leurs patients, les uns y trouvant le moyen de gagner toujours autant, les autres étant rassurés et soignés à peu de frais. On voit tout de suite les dérives possibles si l’éthique des professionnels de santé n’est pas respectée et si les « assurés » usent du système sans discernement ni retenue : prescriptions à rallonge, consultations à répétition, conduites en taxi, passages chez le psy, visites chez un praticien au moindre petit bobo… La liste est longue.

La fraude est voisine des abus et elle coûte encore plus à la Sécu. Elle est pratiquée par des professionnels peu rigoureux et malhonnêtes d’une part, par des gens, citoyens ou étrangers, bénéficiant outrageusement du système d’autre part. Qui n’a pas entendu parler des scandales aux prothèses, des actes et des prescriptions injustifiés, des surfacturations d’actes, , des arrêts de travail à répétition, et encore, de l’utilisation frauduleuse de la carte vitale, d’usurpation d’identité et de la fraude à la CMU ? On ne saura jamais le coût de toutes ces manœuvres, il est probablement énorme. Mais que font les services de contrôle et de répression, la police et par-dessus tout, les responsables de notre système de santé ? Quelques scandales émergent bien chaque année. Insuffisant. Trop de complaisance, trop de laxisme et, pourquoi pas, trop de copinage et pas assez de lourdes sanctions.

En janvier dernier le Président de la République proclamait haut et fort qu’il fallait lutter contre les fraudes et les abus. Un vœu pieux, un de plus.

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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