L'EUROPE ! L'EUROPE !

Publié le 23 Mai 2014

Demain, je dois participer aux Elections Européennes en mettant mon bulletin dans l’urne. Qui choisir parmi les personnalités ? Je n’en connais aucune. Je peux me référer au parti politique auquel un tel, ou tel autre, est censé appartenir ou représenter. Ou encore aux déclarations écrites de celles (les personnalités) n’appartenant à priori à aucun parti. J’ai écouté quelques déclarations et lu dans les magazines ce que tous ces candidats souhaitent pour redresser, transformer, améliorer, voire tout simplement supprimer, l’Europe communautaire. Tout cela ne facilite pas le choix. J’ose espérer que tous ces prétendants à la députation européenne ne voient pas dans leur possible élection que le caractère lucratif (très lucratif) de la fonction !
Une certitude demeure. L’Europe ne marche pas aussi bien que les pères fondateurs l’avaient souhaité au lendemain de la seconde guerre mondiale. N’ayons pas peur des mots, le fonctionnement jusqu’à présent est plus que brinquebalant. Nous sommes très loin des « Etats-Unis d’Europe » dont on parlait avec envie dans les années 50/60.
En premier lieu fallait-il intégrer autant de pays et aussi vite ?Certainement pas. Il y eu l’Europe des 5, puis celle des 6, des 13, des 15…..Pour en arriver à 28 nations aujourd’hui. C’est de la pure folie quant on pense aux disparités culturelles, économiques, à la manière de vivre, aux différences administratives et sociales de tous ces peuples. Sans compter l’obstacle du langage.
Et que font les instances européennes pour essayer (en vain) d’harmoniser tout cela ? Rien si ce n’est d’échafauder des « directives » souvent débiles, lesquelles peuvent s’appliquer à quelques pays, pas à tous, donc de ce fait inopérantes du point de vue communautaire. Des exemples : les cultures OGM, les directives sur la pollution, la pharmacie, le calibre des fruits et légumes (on rêve !!!), les dimensions des cahiers d’écolier, et autres fantaisies du même goût.
Il y a eu le souhait, et on essaye toujours, d’avoir une défense commune. Inexistante. Chaque nation décide ou non de participer, et encore, dans le cadre d’autres engagements, l’OTAN par exemple.
Il y a bien une cour de justice de l’union européenne mais la justice de chaque nation demeure prépondérante à l’intérieur de ses ex-frontières.
En parlant des frontières, elles sont disparues au profit d’un vaste espace (Schengen). Les frontières de cet espace sont poreuses ce qui contribue à l’arrivée massive de peuplades à la recherche d’un « mieux vivre « tout à fait légitime mais très déstabilisateur. Sans compter les migrations de populations à l’intérieur de l’espace, non moins déstabilisatrices.
Mais alors à quoi sert l’Europe et à qui profite-t-elle ?
Le premier bénéfice et ce n’est pas le moindre, c’est la paix.
Le second, c’est d’avoir pu engendrer une monnaie commune, acceptée par une majorité des membres de l’Union. On peut discuter à perte de vue de la parité de l’euro avec les autres monnaies ainsi que des positions de la Banque Européenne quant à ses taux directeurs et autres décisions (crédit aux banques nationales au sein de l’Union). C’est une institution, très germanophile certes, mais indispensable dès lors qu’elle gère une monnaie commune.
Il y a d’autres avantages au bénéfice des étudiants et de ceux qui voyagent pour affaires ou par plaisir. Circuler sans contrainte dans une trentaine de pays, ce n’est pas rien.
Il existe une mutualisation des moyens financiers pour soutenir des branches d’activités comme l’agriculture et apporter des aides aux collectivités. Beaucoup de projets sont aboutis grâce à l’Europe.
Malgré tout cela, le ressenti est que l’Europe ne marche pas : trop d’ingérence dans les affaires des pays membres, trop de technocratie, incohérences dans le fonctionnement (pourquoi Bruxelles et Strasbourg ?), sentiment diffus ou réel du coût exagéré de la communauté.
Alors il serait peut-être temps de réformer. C’est ce qu’il ressort des nombreuses professions de foi reçues ces jours-ci. Tâche compliquée d’autant qu’il n’y a pas unanimité sur les mesures à prendre pour une telle réforme. Par où commencer ? Changer quoi et pour quoi d’autre ? La réponse n’est pas dans les déclarations, souvent tonitruantes, des uns ou des autres candidats, déclarations trop souvent empreintes des rancœurs contre notre actuel gouvernement, joutes politicardes jusque- là réservées aux élections internes. Faut-il sortir de la zone euro ?Faut-il revenir à nos frontières d’antan ? De questions en questions, on peut arriver très vite à la question ultime : Faut-il sortir de l’Europe communautaire ?
Il me reste encore un peu de temps pour réfléchir avant d’aller voter.
L'EUROPE ! L'EUROPE !

Rédigé par LOUIS de SAINT-AOÜT

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